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C’est un communiqué posté en avril sur ce blog, en commentaire d’une ancienne note sur Rexel : les syndicats du numéro un mondial de la distribution électrique y attribuent les
pressions et suppressions d’emplois au fait qu’ils ont été rachetés en 2006 en LBO (Leverage Buy Out). Cette technique financière dite à “effet de levier” permet à des fonds
d’investissement de reprendre une entreprise en empruntant jusqu’à 80 % de la somme nécessaire, laquelle sera remboursée par… les futurs profits de l’entreprise. Or la crise menace les gains, et
les fonds d’investissements ne patientent pas forcément…
“C’est normal qu’une entreprise veule faire du profit. Mais à Rexel, on sent qu’il n’y a plus que ça qui compte, et les lienciements annoncés ne se justifiaient pas”, estime Agnès Rouissi, déléguée CFDT. L’entreprise a en effet lancé dès juillet 2008 un plan social en France ; annulé pour une erreur de procédure, il a été remplacé en décembre par un second, concernant deux fois plus de salariés (environ 440). Et ce, l’année où le bénéfice net de Rexel augmentait de 61%… Finalement, le plan devrait se conclure par 260 licenciements, “notamment parce qu’on a montré que la direction avait surestimé le nombre d’agences en-deça du seuil de rentabilité fixé, en basant ses calculs sur des effectifs supérieurs à la réalité”, explique Agnès Rouissi.
LES NOUVEAUX SUBRIMES ?
Le cas Rexel n’est
pas isolé. Racheté en 2006 en LBO, le fabricant de semi-conducteurs Freescale a annoncé en avril la fermeture d’ici 2011 de son site toulousain, dont certains des 800 salariés avaient témoigné pour ce blog, alors qu’il se porte plutôt bien, dénonce la CGT. Objet d’un LBO du fond américain Carlyle, le fabricant de doudounes
Moncler, qui ne souffre pas du tout de la crise, a
annoncé lundi la fermeture de son site en Isère (50 salariés). Au total, un million de personnes en France travaillent dans des entreprises rachetées en LBO, souligne Libération, et
leurs difficultés pèsent sur les
banques qui ont consenti les prêts pour leur rachat, pointe Le Monde.
Les LBO présentent-ils autant de risque que les subprimes à l’origine de la crise financière de l’an dernier ? L’expert cité par Le Monde n’y croit pas. L’AFIC, association qui regroupe les acteurs du capital investissement, met en avant déontologie et bonnes pratiques, mais le Collectif LBO, auquel ont adhéré les syndicats de Rexel, dénonce dans une vidéo cette future “bombe”. Le collectif a manifesté mercredi devant la “cantoche des Madoff en herbe” (les membres de l’AFIC), à Paris.
Claire Ané
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