Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 09:01

Un problème qui nuit considérablement à l’emploi et aux salaires est lié à la gouvernance et au financement des entreprises.

La recherche par les actionnaires, notamment dans le cadre de LBO, mais pas seulement, d’une rentabilité excessive des entreprises dans une vision court terme conduit au démantèlement de fleurons industriels, de pertes de savoir faire et d’emplois. Ces montages sont favorisés fiscalement, ce qui est un scandale, les holdings sont dans des paradis fiscaux, et on constate de manière générale que les grandes entreprises payent proportionnellement beaucoup moins d’impôts que les PME avec divers systèmes d’évasion fiscale.

 De la même façon des délocalisations intra européennes d’entreprises rentables pour gagner un peu de marge détruisent l’emploi et le tissu industriel.

Ceci n’est possible que parce que la gouvernance des entreprises est aux mains des actionnaires, qui ont renforcé significativement leur pourvoir par le jeu des stocks options distribuées aux cadres dirigeants, qui dés lors ont le même intérêt court-termiste que les actionnaires. Il faut donner un vrai pouvoir aux salariés dans les conseils d’administration, au moins à égalité avec les actionnaires, une entreprise n’est pas un bien comme un autre et un contrôle démocratique doit s’y exercer de manière responsable. Il sera nécessaire de définir de telles formes d’autogestion (pourquoi pas des dirigeants élus sur proposition du CA), mais c’est une des clefs pour débloquer les salaires et l’emploi.

Bien entendu il faut développer l’actionnariat salarié mais avec des perspectives de développement de l’entreprise sur le long terme. Il est tout de même paradoxal de considérer que la démocratie et la liberté sont les modèles souhaités et dominants et d’accepter que dans les entreprises les décisions soient prise par de petites équipes auto désignées dans les conseils d’administration et imposées de manière brutale aux salariés qui doivent subir des méthodes de management de plus en plus déshumanisantes. Il faut sortir de ces pratiques moyenâgeuses, trouver la voie de l’intelligence collective et de retrouver l’esprit d’entreprise.

Les investisseurs comme les salariés trouveraient leur compte dans une telle organisation, les investisseurs car avec un personnel motivé, ils auraient sur le long terme de très bons retour sur investissement. Les salariés pourraient s’investir et s’épanouir dans leur travail sans subir des logiques productivistes absurdes. Une telle organisation neutraliserait la « capture actionnariale» et permettra progressivement, enfin, une redistribution en emplois et salaires.

Cette redistribution favoriserait de manière vertueuse le comblement des déficits sociaux, notamment retraites et sécurité sociale.

 

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Par nouvelle gauche 91
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