Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 11:26
Et c'est toujours d'actualité:

Par nouvelle gauche 91
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 19:44

Dans un article de la tribune  (voir ci dessous) en date du 6 mai de cette année, l'ancien PDG d'Air France, Bernard Attali,dont la gestion fut d'ailleurs fort contestée, prenait parti pour son employeur, Texas Pacific Group, en défendant les "private equity" : "Soyons sérieux : les fonds de "private equity" ne sont pas une partie du problème mais peuvent être au contraire une partie de la solution. Comme l'a souligné le rapport Larosière, ils ne font courir aucun risque systémique (critère fixé par le G20 pour tout renforcement de la régulation)."
Manifestement dans la finance, on analyse pas les boites noires après un crash, et que dire de TPG qui en France est responsable de la chute de Gemplus et de l'annonce d'un "plan de départ volontaire" de 550 ETP soit un quart de l'effectif chez TDF, entreprise stratégique pour la France, leader dans le domaine de la diffusion analogique et numérique (TNT) au service de l’audiovisuel, de la téléphonie mobile, des télécommunications terrestres et satellites. Encore bravo pour cette splendide lucidité, après le crash d'Air France, Bernard Attali persévère.
Qui saura interdire de vol (à tous les sens du terme)  ces "private equity" avant le prochain crash ? Comme le disait relativement récemment (janvier 2008) Jacques Attali, qui a l'air mieux inspiré que son frère, dans l'express, on est confronté à:

"Un système financier mondial en faillite. Outre les subprimes, bien d’autres dettes circulent, et nul ne sait comment les banques les honoreront : celles de hedge funds, des sociétés de rehaussement de crédit, des fonds de LBO et des détenteurs de cartes de crédit forment une pyramide au montant très supérieur à celui des fonds propres des banques, qui seraient depuis longtemps fermées si les banques centrales ne les finançaient à guichets ouverts."


L'article de la tribune:
Régulation ou bureaucratie : Bruxelles doit choisir !

La Tribune.fr - 06/05/2009

Par Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien président d'Air France, "senior advisor" de TPG Capital.

Il est clair que la crise exige une remise à plat des mécanismes de régulation du monde financier. Certes, le G20 aurait été mieux inspiré en mettant la relance économique et l'avenir du système monétaire international au centre de ses réflexions plutôt que de laisser le débat s'éterniser sur une future régulation qui mériterait de toute façon d'être longuement pesée.

Mais personne ne peut nier que les règles du jeu doivent être revues dans de nombreux domaines (agences de notation, pratiques bancaires, "hegde funds", normes comptables, etc.). Encore faut-il le faire avec discernement et, comme disait Montesquieu parlant des lois, n'y toucher que d'une main tremblante. A défaut, non seulement l'incendie de forêt continuera ses ravages, mais on empêchera aussi tout arbre de repousser.

S'il fallait un exemple à ne pas suivre, le dernier projet de directive de la Commission sur les gérants de fonds d'investissement alternatifs en est un. En recouvrant d'un vocable vague et uniforme des acteurs aussi différents que les gestionnaires d'actifs, les "hedge funds", les acteurs du "private equity" et les investisseurs en capital-risque, les auteurs du texte en débat semblent hésiter entre bureaucratie et régulation. Un comble de la part d'experts naguère si attachés au dogme libéral.

On n'entrera pas ici dans le détail du projet, mais sa lecture montre une inquiétante méconnaissance des réalités du marché. Exiger des règles de publicité exhaustives et identiques à certaines entreprises (uniquement parce qu'elles sont la propriété de tel ou tel type de fonds) tout en exonérant de ces obligations le reste du tissu économique, c'est faire fi des principes de base d'une concurrence normale. Imposer des exigences de capital minimum aux fonds de "private equity" disposant de liquidités d'origine européennes alors que les "family offices" ou les fonds souverains en seraient exonérés, c'est pénaliser sans raison toute une industrie qui n'a eu en fait aucune responsabilité dans la crise actuelle.

Quelle logique y a-t-il d'ailleurs à demander de telles garanties à un apporteur de capital en fonds propre ? Pis : comme les règles envisagées ne seraient pas applicables aux fonds qui n'auraient pas d'investisseurs européens à leur tour de table, on inviterait ces acteurs à se localiser à Zurich, Genève ou... Dubaï, et on pénalisera le recyclage des liquidités européennes... en Europe ! Au moment même où les Etats-Unis, via le plan Geithner de rachat des actifs toxiques, s'appuient sur ces fonds pour assainir les bilans des banques américaines. Une fois encore, les règles du jeu seront différentes de part et d'autre de l'Atlantique et pas à l'avantage de l'Europe !

De plus, les auteurs du projet de directive n'ont pas fait de détail : le texte est en effet applicable indistinctement à plusieurs centaines de fonds et à plusieurs milliers d'entreprises de nature très différente les unes des autres !

Soyons sérieux : les fonds de "private equity" ne sont pas une partie du problème mais peuvent être au contraire une partie de la solution. Comme l'a souligné le rapport Larosière, ils ne font courir aucun risque systémique (critère fixé par le G20 pour tout renforcement de la régulation). Au moment où le système bancaire a drastiquement réduit son rôle de fournisseur de liquidités, au moment où toute nouvelle émission en Bourse est quasiment impossible, ce sont au contraire les fonds de private equity qui peuvent aider à relancer la machine, notamment grâce au soutien d'entreprises en difficulté.

Lorsque nous avons dû, dans les années 1980, reconvertir à marche forcée le tissu industriel du Nord et de la Lorraine, le patron de la Datar que j'étais alors aurait bien aimé disposer de tels interlocuteurs professionnels. Les désigner maintenant comme boucs émissaires et les paralyser par un excès de zèle réglementaire ne correspond en fait à aucune priorité rationnelle.

Il faudrait que la Commission tire une leçon plus générale de cette affaire mal engagée : toute révision du système de régulation n'aboutira que s'il est le fruit d'un dialogue constructif entre les experts de Bruxelles et les acteurs professionnels concernés. Ce dialogue semble avoir été pour le moins insuffisant dans le cas d'espèce.

En bref, il a fallu beaucoup d'erreurs pour aboutir à la crise actuelle. Il serait navrant que les tentatives de remède en déclenchent de nouvelles. En matière financière aussi, l'enfer est pavé de bonnes intentions...

Bernard Attali

Par nouvelle gauche 91
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 08:33
Mouvement social à TDF, des informations sur ce site:
http://sauvonstdf.over-blog.com/ 
Par nouvelle gauche 91
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 18:01

Le rapport sur les salaires que Jean-Philippe Cotis a remis hier à Nicolas Sarkozy a suscité un début de débat sur le partage de la richesse entre salariés et actionnaires : le Medef souligne que ce partage est stable depuis une quinzaine d’années.

Les syndicats répondent que :

  1. le niveau des salaires est à un plus bas historique (la part des salaires a baissé de 11 % depuis le point haut atteint en 1982, ce qui est considérable).
  2. cette stabilité globale cache une accélération et une aggravation des inégalités au sein même de la catégorie des « salariés ».

salaires-pib-ofce-2008.1242298452.jpg

 

Une étude de Camille Landais, de l’Ecole d’économie de Paris, montre un accroissement très rapide des inégalités entre salariés :

                              Evolution du salaire moyen entre 1998 et 2005

pour 90 % des salariés du bas de l’échelle

  + 4 %

pour les 1 % les mieux payés

  + 14 %

pour les 0,1 % les mieux payés

  + 29 %

pour les 0,01 % les mieux payés

  + 51 %

 

Au sein des “90 % du bas de l’échelle”, Camille Landais montre que ce qui va aux “50 % du bas de l’échelle” a commencé à diminuer nettement depuis 2001.

En résumé, la part des salaires dans le PIB est stable en France depuis 15 ans mais elle n’a jamais été aussi faible et, au sein même des salariés, on assiste à un accroissement considérable des inégalités : 12 % des salariés sont en dessous du SMIC (à cause de tous les emplois précaires, 1 salarié sur 8 gagne moins que le salaire “minimum”…) mais, en huit ans seulement, le revenu des 0,01 % les mieux payés a augmenté de 51 % !

 

Qu’en est-il au niveau européen ?

Une étude du FMI publiée en 2007 permet de montrer que la part des salaires a baissé de façon régulière depuis le début des années 1980.

part_pib_fmi_2007_b.1242298472.JPG

Le pays dans lequel la part des salaires a le plus baissé ? L’Allemagne.

En obligeant les salariés au chômage à accepter très vite des petits boulots (sous peine de se voir supprimer les allocations chômage), la réforme Hartz 4 a provoqué le basculement de millions d’Allemands dans la classe défavorisée. Certes, les chiffres du chômage ont baissé, mais des millions de salariés gagnent moins de 600 euros par mois. Et maintenant que les exportations ralentissent, l’Allemagne s’enfonce dans une très grave récession.

 

Le pays dans lequel le partage salaires / bénéfices est resté le plus équilibré ?

Probablement, le Danemark, grâce à son système de flexi-sécurité : un salarié qui tombe au chômage peut recevoir 90 % de son salaire pendant 4 ans, du moment qu’il est réellement en recherche d’emplois. Au Danemark, rien n’est fait pour obliger les chômeurs à accepter des petits boulots.

En France, 45 % seulement des chômeurs touchent une indemnité de l’Unedic, qui est, en moyenne, de 57 % du salaire brut. Au Danemark, quasiment tous les chômeurs touchent 90 % de leur ancien salaire. En France, la durée de l’indemnisation est très variable mais, pour beaucoup, elle n’est que de quelques mois (ce qui oblige beaucoup à accepter n’importe quel emploi). Au Danemark, tous ou presque sont assurés de 4 années de sécurité financière du moment qu’ils cherchent effectivement un emploi.

Résultat des courses : il y a trois fois moins de salariés en dessous du seuil de pauvreté au Danemark qu’en France et la part des salaires dans le PIB a moins diminué que chez nous. La sécurité donnée aux chômeurs a profité à tous les salariés.

La courbe du FMI montre aussi l’évolution de la part des salaires au Japon.

Elle a baissé encore plus qu’en Europe. Au Japon, 77 % des personnes au chômage ne touchent aucune indemnité. Du coup, beaucoup sont obligés d’accepter n’importe quel emploi et ceux qui ont un emploi ont tellement peur de perdre leur poste qu’ils ne sont pas en situation de négocier des augmentations de salaires.

Comme les dirigeants allemands, les dirigeants japonais ont tout misé sur une politique de l’offre : améliorer sans cesse la compétitivité pour améliorer les exportations. Cette stratégie, très douloureuse pour des millions de salariés, a fonctionné quelques années, quand la machine à consommer américaine tirait les exportations. Mais maintenant que les Américains, sur-endettés, diminuent leur consommation, l’Allemagne et le Japon voient leur économie s’effondrer (le PIB a baissé de  plus de 12 % au Japon sur les six derniers mois !).

* * * *

De 150.000 à 200.000 personnes sont attendues dans les rues de Madrid, Bruxelles, Prague et Berlin, lors des trois “journées d’action européennes” organisées par la Confédération européenne des syndicats du 14 au 16 mai.

Les syndicats européens demandent un « plan extraordinaire de réduction du temps de travail dans tous les pays d’Europe » et une « vraie sécurité pour les salariés au chômage ». Ils ont raison. Sécuriser les salariés qui tombent au chômage permet de sécuriser l’ensemble des salariés. C’est une question de justice sociale mais aussi d’efficacité économique.

 Il n’y a pas de stabilité économique sans justice sociale. L’Allemagne et le Japon, qui ont oublié cette évidence qu’elles avaient longtemps respectée, sont en train d’en faire les frais.Très lourdement.

 

Pierre LARROUTUROU est économiste.

Il vient de publier “Crise : la solution interdite” (éditions DDB).

Par nouvelle gauche 91
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 21:29
 

800 000 chômeurs de plus d'ici fin 2010 ?

Il y a déjà 3,7 millions de chômeurs inscrits au Pôle Emploi et l’OFCE annonce 800.000 chômeurs supplémentaires en France d’ici fin 2010 !

Hélas, dans la lutte contre le chômage, depuis deux ans qu’il est élu, Nicolas Sarkozy n’a rien fait. Rien de sérieux ! C’est la première fois depuis 30 ans qu’une équipe arrive au pouvoir et affiche une telle désinvolture sur cette question.

Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite !

Nous, signataires de cet Appel, nous exigeons du Président de la République la convocation immédiate d’Etats généraux de l’emploi. Ces Etats généraux de l’emploi doivent rassembler tous ceux et celles qui peuvent faire des propositions contre le chômage et la précarité : syndicats, patronats, économistes, mouvements de chômeurs, collectivités, élus issus de toutes les forces politiques du pays, associations…

Pour que les résultats de ces Etats généraux soient à la hauteur des enjeux et ne déçoivent pas les citoyens, il faut que toutes les forces en présence se fixent un objectif mobilisateur et qu’elles acceptent de travailler ensemble aussi longtemps qu’il le faudra pour construire un nouveau Pacte social permettant de diviser par deux le chômage.

> Créer 2 millions d’emplois

Oui, voilà l’objectif : créer 2 millions d’emplois -de vrais emplois- pour diviser par 2 le chômage, rééquilibrer le partage salaires / bénéfices et redonner du pouvoir d’achat à l’ensemble des ménages.

Le 19 février, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, a insisté sur le "caractère ponctuel des mesures sociales" annoncées la veille par le Président. "Ce sont des mesures pour 2009. Ce ne sont pas des mesures qui ont vocation à être reconduites."

Nous ne pensons pas qu’on pourra sortir de la crise uniquement avec des mesures ponctuelles. Nous pensons au contraire que la crise doit être l’occasion d’un véritable sursaut collectif, l’occasion de construire un nouveau pacte social.

En 1982, à Waasenar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites… Tout a été mis sur la table, sereinement, afin d’arriver à un ensemble de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité.

De même, en France, au bout de 30 ans de crise, il est temps de "prendre la taureau par les cornes" et de réunir pendant deux ou trois mois tous les acteurs concernés, afin de construire un nouveau contrat social qui permettra de diviser par deux le chômage et la précarité.

Pour atteindre cet objectif, les Etats généraux devront étudier sans tabou ni exclusive toutes les propositions présentes dans le débat public, y compris –notamment- les
7 propositions du collectif Nouvelle Donne.

Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite ! Il en va de l’avenir de notre République.

JE SIGNE L'APPEL

 

Par nouvelle gauche 91
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