Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 22:44

Comme vous tous, je me suis battu pour que Ségolène Royal soit présidente de la république, nous avons hélas échoué, puis je me suis battu pour qu’on gagne les cantonales et municipales aux Ulis, et ce que j’ai découvert c’est que quand on fait correctement l’analyse de ce qui ne marche pas, qu’on prend le temps (un an ) de construire un programme avec une gauche diverse,  et bien on gagne !
(la gauche unie pour les Ulis)

Aujourd’hui, la seule analyse un peu complète que j’avais trouvé était celle présentée par la nouvelle gauche, « urgence sociale » présentée par Pierre Larrouturou. Au-delà de l’analyse, la contribution présente une série de mesures cohérentes à l’échelle nationale, européenne et internationale. Elle réhabilite la réduction du temps de travail et prône même à raison les 32 h.

Pierre Larrouturou avait très largement anticipé ce qui se passe aujourd’hui dans « le livre noir du libéralisme ». Il est temps d’écouter nos intellectuels.

Aujourd’hui, nous n’avons pas pu présenter seuls une motion, car aucun des 300 membres du CN n’a eu le courage de risquer de se confronter à de vraies nouvelles idées et de risquer de s’isoler de notre direction sclérosée.

Néanmoins, un certain nombre de nos propositions  ont été reprises dans la motion C (Benoît Hamon) aussi je vous invite à bien réfléchir à vos choix de motion. L’objectif premier est de construire un programme sérieux car nous n’avons plus le droit d’échouer. Le choix du premier secrétaire viendra après les idées. Ne nous laissons pas enterrer par les médias qui guettent la couleur de la fumée du conclave de Reims comme si tout ne reposait que sur le choix d’un tribun ou d’une égérie. C’est terriblement réducteur de notre capacité à réfléchir et construire ensemble. Pensez y mes camarades avant de vous prononcer. Libérons les idées !

Signer la motion

Marc Victor
Militant socialiste, section des Ulis
webmestre militant de quelques blogs dont celui ci

Par nouvelle gauche 91
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 21:14

Par Michel Wieviorka | Sociologue, EHESS | 01/10/2008 | 18H08 lu dans Rue 89

Dans les années 90, après la chute du Mur de Berlin, une représentation du monde dominait, l'idée que la globalisation, avec une puissance inouïe, balaye tout sur son passage, les Etats, les sociétés, qu'elle se joue des frontières et des Nations. Cette vision d'une planète soumise aux forces du tout économique a commencé à battre de l'aile avec les attentats du 11 septembre 2001.

Car l'entrée dans l'ère du terrorisme global a eu aussi pour effet de rendre possible, ou visible le retour politique des Etats et des Nations -du moins aux yeux de ceux qui les négligeaient ou en proclamaient le déclin inéluctable. Les Etats-Unis, avec des alliances dont la configuration s'est révélée à géométrie variable, sont entrés en guerre, contre le terrorisme, en Afghanistan, en Irak surtout, et de bons esprits ont commencé à évoquer la centralité de l'Etat ou la vitalité de la Nation, y compris pour affirmer l'existence d'un lien, et non d'une opposition, entre les progrès de la globalisation, et le dynamisme des Etats-nations. Par ailleurs, de nombreux pays sont engagés dans des opérations militaires, dont les fins déclarées sont civiles, voire humanitaires. En matière internationale, la politique, et en l'occurrence la géo-politique a repris ses droits.

Le retour de l'Etat dans l'économie

Puis sont venus les signes avant-coureurs de la crise financière actuelle, et cette crise elle-même. Avec une première conséquence, spectaculaire : le retour de l'Etat, là aussi, mais cette fois, dans ses dimensions économiques. Tout le monde le constate, l'Etat se présente comme le sauveur suprême, le seul recours capable, peut-être, d'enrayer les logiques de la catastrophe qui se profile. Le discours néo-libéral, de fait déjà bien affaibli depuis l'éclatement des premières « bulles » ou les scandales comme celui d'Enron, n'est plus seulement critiqué par l'altermondialisme, le gauchisme ou des pans entiers de la pensée de gauche (sauf quand elle se dit « libérale ») : il est rejeté de toutes parts.

Mais ce retour en grâce de l'Etat ne devrait être qu'une étape, la deuxième, financière, après la phase géo-politique, dans la grande mutation qui s'est ébauchée à partir du début de ce siècle. Car il laisse de côté une dimension fondamentale de la crise actuelle, qui est la quasi-disparition du social dans l'univers idéologique et politique du néo-libéralisme.

Le capitalisme, au départ, se joue d'abord dans des rapports de production, dans l'usine, dans l'atelier, là où les maîtres du travail imposent leur domination aux travailleurs qu'ils dirigent et exploitent. Au tournant des années 80, il était encore possible, avec Michel Albert notamment (dans son livre Capitalisme contre capitalisme, Paris, Seuil, 1991), d'opposer au modèle néo-libéral, anglo-saxon si l'on préfère, confiant dans le marché, ouvert à la flexibilité maximale, fermé à l'idée d'un fort interventionnisme de l'Etat, individualiste, et méfiant face à d'éventuels acteurs collectifs, l'image d'un modèle social-démocrate (rhénan disait Albert).

Dans ce dernier cas, le capitalisme demeurait un rapport social, ancré dans des relations denses entre dirigeants et dirigés, dans l'institutionnalisation de leurs conflits, sous la forme de négociations et d'accords, et confiant dans l'Etat-providence. Mais ce modèle a perdu de son importance, y compris dans les hauts lieux de la social-démocratie, en Scandinavie, et le capitalisme est apparu comme un non-rapport social, comme le pouvoir pur de l'argent sans frontières, et sans liens avec le social, si ce n'est par l'intermédiaire d'actionnaires soucieux non pas d'investissement productif, mais d'un taux élevé de rentabilité pour leurs placements. L'économie a semblé alors pouvoir être dissociée de la société, et nous avons tous pu constater que des entreprises voient leur côte monter en bourse lorsqu'elles licencient à tour de bras.

Dès lors, on était bien loin du capitalisme de Karl Marx, lorsqu'il analyse des rapports de production, ou de celui de Max Weber, qui en associe l'essor à l'éthique protestante.

Le monde de l'argent n'est pas dans une bulle

La crise actuelle est venue mettre fin à cette image d'une dissociation totale du capitalisme et des réalités sociales. Elle nous indique, sans que nous sachions vraiment très bien ce qui est en jeu, que le monde de l'argent ne peut plus continuer à fonctionner comme en vase clos, sous la forme de « bulles ». Nous le savons plus ou moins confusément : quand les milliards se dissipent, c'est aussi le futur qui se délite, les retraites pour les vieux, les ressources dont elles disposeront pour les jeunes générations, c'est aussi le logement, l'emploi, l'épargne populaire qui sont affectés. La crise financière n'a rien de salutaire, c'est une catastrophe individuelle, pour beaucoup, et collective, même si elle permet une sorte de purge idéologique.

Pour l'instant, les seuls espoirs sont du côté des Etats et de ceux qui les dirigent.

Peut-on envisager d'autres acteurs pour redonner à nos sociétés confiance dans l'avenir ? La réponse est en fait politique : sont crédibles, aujourd'hui, ceux qui ont toujours manifesté leur attachement à l'Etat, bien plus que ceux qui, soudain, se tournent vers lui après l'avoir éreinté. De ce point de vue, la balle est dans le camp de la gauche, plus que de la droite. En France, le PS pourrait mettre fin à la crise de son leadership à l'occasion de son 74ème Congrès, à Reims en novembre prochain, et on peut penser que son avenir passe par sa capacité à incarner des valeurs « de gauche » (ce qui ne veut pas dire : à gauche de la gauche). Mais la gauche, au niveau national, ne retournera pas aux affaires avant trois ans et demi, et elle ne peut espérer se faire entendre que si elle relaie les attentes populaires, en les transformant en projets politiques constructifs, et pas seulement défensifs. Or pour l'instant, ce qui domine au sein de la société civile est plutôt l'inquiétude, l'angoisse, et le sentiment d'impuissance que l'expression de demandes claires et précises.

Après le retour de l'Etat guerrier et géo-politique, puis celui de l'Etat financier, nous n'entrerons dans la troisième phase de la grande transformation actuelle, celle où l'Etat est légitime dans son rôle social, que si d'importants changements politiques se cristallisent, et viennent transformer en pressions revendicatrices et en demandes réalistes ce qui pour l'instant revêt plutôt l'allure de l'émotion et de la peur.

Par nouvelle gauche 91
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 22:15

Nous étions le lundi 22 septembre à Solférino, pour demander à ce que l'on puisse déposer une motion, dans le cadre du fonctionnement normal de la démocratie au sein du parti socialiste. Eh bien cela
 ne va pas de soi... (voir un peu plus loin le tract distribué ce matin à nos camarades du siège).
Après quelques minutes et le passage de quelques journalistes pour la conférence de presse hebdomadaire du PS, Stéphane Le foll a reçu dix minutes Pierre Larrouturou. En gros, "on fait chier" . Merci camarade.
Ce serait tellement plus simple un parti sans militants, avec des dévots et un président comme Kim Jong Il « président éternel » de La Corée du nord. Nan, je blague on a juste un premier secrétaire et un second très dévoué.

Le texte du tract:

 

800 militants ont signé la contribution Urgence sociale. Un nombre comparable à celui des soutiens de la contribution de Martine Aubry et de plusieurs autres contributions.

 

Début septembre, les militants d’Urgence sociale ont décidé de déposer une motion. Notre objectif n’est pas, évidement, de prendre la place du premier secrétaire mais "seulement" d’apporter 20 propositions pour sortir de la crise (Cf revue de presse au dos) et de proposer surtout une méthode radicalement nouvelle pour mettre la gauche au travail dès le lendemain du Congrès (Cf Libération du 20 septembre). 

 

A ce jour, nous sommes bien en situation de déposer la motion : nous avons 2 signatures de membres du Conseil national. Mais, au dernier Congrès, en 2005, c’est 30 minutes seulement avant l’ouverture du Conseil national de dépôt des motions que nous avons appris que le membre du CN qui devait nous donner sa signature n’était plus d’accord pour le faire…  

 

Tous les dirigeants affirment le besoin de renouvellement des idées et des personnes mais, en réalité, à chaque Congrès, tout est fait pour empêcher ce renouvellement et verrouiller le système.

 

Les militants n’en peuvent plus.

Le parti étouffe. La démocratie est confisquée.

Si le PS reprend les mêmes méthodes avec les mêmes têtes, il connaîtra les mêmes défaites.

 

 

Libérons le PS. Libérons les idées.

Vu la gravité de la crise sociale et de la crise économique, vu la gravité de la crise écologique, vu la gravité de la crise démocratique, vu les dégâts provoqués par la politique de Nicolas Sarkozy, nous ne pouvons pas accepter qu’un mélange d’inertie et de manœuvres politiciennes interdise toute réelle rénovation du PS et donc tout espoir d’amélioration de leur vie quotidienne pour des millions de Français.

 

Le spectacle désolant donné par les dirigeants du PS depuis quelques semaines fait craindre que le Congrès de Reims soit une nouvelle occasion ratée.

 

Le Congrès sera-t-il "un combat d’ego sur sables mouvants" comme le dit Le Monde ?

"Une course folle vers le précipice" comme l’affirme Le Nouvel Observateur ?

 

Un Congrès inutile ? Un Congrès suicidaire ?

Si ce Congrès ne sert à rien, autant l’annuler ! 

 

Voilà pourquoi, nous avons informé la direction du PS que si, demain, elle ne nous laissait pas déposer une motion, nous ne nous laisserons pas faire. Nous saisirons la justice de 3 manquements majeurs au respect des statuts qui entraîneront très probablement la condamnation du Premier Secrétaire et l’annulation du Congrès.

Par nouvelle gauche 91
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