Dimanche 18 octobre 2009 7 18 10 2009 23:47
Sur Engrenages, un blog du monde

LogoC’est un communiqué posté en avril sur ce blog, en commentaire d’une ancienne note sur Rexel : les syndicats du numéro un mondial de la distribution électrique y attribuent les pressions et suppressions d’emplois au fait qu’ils ont été rachetés en 2006 en LBO (Leverage Buy Out). Cette technique financière dite à “effet de levier” permet à des fonds d’investissement de reprendre une entreprise en empruntant jusqu’à 80 % de la somme nécessaire, laquelle sera remboursée par… les futurs profits de l’entreprise. Or la crise menace les gains, et les fonds d’investissements ne patientent pas forcément…

“C’est normal qu’une entreprise veule faire du profit. Mais à Rexel, on sent qu’il n’y a plus que ça qui compte, et les lienciements annoncés ne se justifiaient pas”, estime Agnès Rouissi, déléguée CFDT. L’entreprise a en effet lancé dès juillet 2008 un plan social en France ; annulé pour une erreur de procédure, il a été remplacé en décembre par un second, concernant deux fois plus de salariés (environ 440). Et ce, l’année où le bénéfice net de Rexel augmentait de 61%… Finalement, le plan devrait se conclure par 260 licenciements, “notamment parce qu’on a montré que la direction avait surestimé le nombre d’agences en-deça du seuil de rentabilité fixé, en basant ses calculs sur des effectifs supérieurs à la réalité”, explique Agnès Rouissi.

LES NOUVEAUX SUBRIMES ?

photo_1240480074126-5-0.1241077490.jpgLe cas Rexel n’est pas isolé. Racheté en 2006 en LBO, le fabricant de semi-conducteurs Freescale a annoncé en avril la fermeture d’ici 2011 de son site toulousain, dont certains des 800 salariés avaient témoigné pour ce blog, alors qu’il se porte plutôt bien, dénonce la CGT. Objet d’un LBO du fond américain Carlyle, le fabricant de doudounes Moncler, qui ne souffre pas du tout de la crise, a annoncé lundi la fermeture de son site en Isère (50 salariés). Au total, un million de personnes en France travaillent dans des entreprises rachetées en LBO, souligne Libération, et leurs difficultés pèsent sur les banques qui ont consenti les prêts pour leur rachat, pointe Le Monde.

Les LBO présentent-ils autant de risque que les subprimes à l’origine de la crise financière de l’an dernier ? L’expert cité par Le Monde n’y croit pas. L’AFIC, association qui regroupe les acteurs du capital investissement, met en avant déontologie et bonnes pratiques, mais le Collectif LBO, auquel ont adhéré les syndicats de Rexel, dénonce dans une vidéo cette future “bombe”. Le collectif a manifesté mercredi devant la “cantoche des Madoff en herbe” (les membres de l’AFIC), à Paris.

Claire Ané


On pourra lire aussi ce qui se passe chez TDF, c'est ici
Par nouvelle gauche 91
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 07 2009 21:24

De Jacques Juliard, le nouvel observateur

C'est tout de même un formidable paradoxe. Tandis que les socialistes sont en recul un peu partout en Europe et à travers le monde, l'idée sociale-démocrate, elle, ne cesse de progresser et de faire des conversions. Parmi les dernières, excusez du peu : Sarkozy, Obama, Benoît XVI ! Je parle ici des discours, car pour les actes c'est souvent une autre affaire.

Sarkozy a eu ce culot : une fois la crise survenue, mettre tranquillement dans sa poche tous les thèmes sur lesquels il s'est fait élire, libéralisme, dérégulation, modèle américain et j'en passe. Dans la poche, et le mouchoir par-dessus ! A la place, tout ce qui naguère provoquait son ironie ou sa fureur : la dénonciation de l'immoralité profonde d'un capitalisme financier prédateur, le rôle régulateur de l'Etat, l'excellence du modèle social français... On reste abasourdi devant ce toupet phénoménal. Et dire que tous ses admirateurs, qui n'ont cessé de nous vanter naguère sa cohérence, sa «préparation», ses plans, opposés à l'improvisation permanente de Ségolène Royal... Avec ça, on gagne les européennes, même si l'avenir (les régionales) se présente sous un jour moins rose. Avec la com, qui lui tient lieu de politique, on peut tout dire, à condition de le dire au bon moment et d'y mettre le ton. Patience, dit Panurge.

Avec Obama, c'est une tout autre histoire. En prenant dans presque tous les domaines le contre-pied de George Bush, le nouveau président avait ville conquise. Qu'il s'agisse de politique étrangère, d'économie, d'écologie, de prévoyance sociale, il s'installait non en terrain social-démocrate - cela n'existe pas là-bas - mais sur les terres du New Deal de Roosevelt, quitte à l'adapter aux temps nouveaux. Ce qui compte, c'est le retour de l'Etat. La philosophie sociale de Bush était le laissez-faire et l'accentuation des inégalités, celle de Barack Obama est l'interventionnisme et la régulation. Voilà qui change tout, à commencer par l'image des Etats-Unis dans le monde. A condition d'obtenir des résultats...

 

Et le pape ? Eh bien, Benoît XVI aussi ! Si l'on excepte les questions de sexualité - toujours la dent cariée de l'Eglise catholique -, mais aussi parfois, en matière de bioéthique, un humanisme lucide, le pontife ro main vient de publier, plus de quarante ans après «Populorum progressio» de Paul VI, une encyclique de tonalité résolument sociale-démocrate, «Caritas in veritate», critiquant les aberrations du profit, les disparités criantes entre riches et pauvres, la tyrannie du marché, le despotisme de la technique, et préconisant le désarmement intégral grâce à la création d'une autorité politique mondiale. Pas moins ! A dire vrai, pour en arriver là, Benoît XVI avait moins de chemin à faire que Nicolas Sarkozy; il lui suffisait de se mettre dans les pas de Léon XIII et de son encyclique «Rerum no- varum» (1891) qui, déjà, critiquait les excès du profit et préconisait le primat du social sur la logique économique proprement dite.

Alors, amis sociaux-démocrates, ne faites donc pas cette tête d'enterrement : vous avez gagné ! Il n'est pas vrai que l'économie de marché soit autorégulatrice, comme on nous l'a seriné pendant des années ! Il n'est pas vrai qu'elle soit capable de prévenir les crises - même si, l'expérience aidant, les gouvernements ont paré au plus pressé en faisant payer par les contribuables les erreurs des banquiers, et leur monstrueuse gloutonnerie. Il n'est pas vrai que la cupidité soit un moteur de croissance («greed is good», tel était l'axiome des maîtres de Wall Street) : elle est devenue au contraire un véritable facteur d'improduction; l'une des données structurelles de la crise.

 

Face à la course vertigineuse vers une crise de bien plus grande ampleur que l'actuelle, les socialistes doivent revenir à leurs sources. Ils doivent montrer aux peuples abrutis par des décennies de bourrage de crâne libéral vers quoi on les entraîne. Foin des discours sociaux-démocrates passe-par-tout ! L'objectif d'une politique sociale-démocrate véritable, c'est désormais la mise hors d'état de nuire d'une classe économique et financière qui a failli, mais qui en demande encore. On ne saurait faire du seul Daniel Bouton le bouc émissaire, pour solde de tout compte, d'une classe dirigeante corrompue et incompétente. Il serait scandaleux et aberrant que celle-ci sorte indemne de la crise qu'elle a provoquée. Pour redonner allant et véracité aux idées sociales-démocrates, les socialistes ont donc besoin d'hommes neufs, libres de toute compromission avec la banque et l'affairisme. Je le répète : ce ne sont pas les idées sociales-démocrates qui sont devenues obsolètes, ce sont les hommes qui les portaient qui se sont embourgeoisés. Oui à la social-démocratie au carrefour du monde du travail et de l'intelligence. Non à la social-démocratie comme ligne de repli de la bourgeoisie d'affaires.

Quand les hommes politiques appartenant à des classes sociales différentes professent des idées politiques différentes, on voit toute la grandeur de la politique. Mais quand les hommes politiques appartenant à la même classe, fréquentant les mêmes milieux, menant la même vie, partageant les mêmes vacances, les mêmes femmes, les mêmes placements bancaires feignent contre toute évidence et sans conviction de professer des idées politiques différentes, on aperçoit toute la misère de la politique, tout son mensonge.

C'est de cette consanguinité, à tout le moins de ce concubinage de beaucoup de ses chefs avec les milieux d'affaires, que la social-démocratie est en train de périr à petit feu, et «l'ouverture» de Sarkozy, qui révèle au grand jour cette parenté, ne fait que souligner l'incapacité à incarner une solution alternative crédible de celle-ci. Si la social-démocratie n'est plus qu'une sous-marque à coloration «sociale» d'un système financier fondé sur le brigandage, ne nous étonnons pas de voir les peuples se détourner d'elle. Nous avons besoin d'une social-démocratie de combat, non de connivence et de compromission avec l'adversaire.

 

 

 

Jacques Julliard

Le Nouvel Observateur

Par nouvelle gauche 91
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 07 2009 21:19

Dans le monde du 6 juillet 2009, cette fine analyse de Michel Rocard:

En sortir n'est pas facile. Relancer exclusivement la consommation n'a guère de sens : on importerait davantage, notamment de Chine et d'Inde. C'est par l'investissement que le cycle vertueux doit être réamorcé, et surtout par l'investissement dans les énergies renouvelables, les techniques et produits bio. C'est ce démarrage qui pourra ensuite entraîner pouvoir d'achat et consommation vers la hausse.

Or l'investissement dans l'industrie, les services, et même l'agriculture et l'agroalimentaire, est gravement entravé pour deux raisons. Primo, toutes les entreprises importantes du monde développé ont vu en un ou deux ans leurs actifs financiers au bilan perdre une bonne moitié de leur valeur; le resserrement des fonds propres aux bilans étrangle évidemment les possibilités d'investissement. Secundo, le redressement relatif et précaire du monde bancaire s'accompagne tout aussi évidemment d'un resserrement draconien des conditions de crédit. On s'oblige à ne prêter qu'avec plus de prudence.

IL Y A DU SOUCI À SE FAIRE

Une "reprise économique" n'est donc guère probable à court-moyen terme. Les facteurs en sont absents. La sortie de crise suppose, après le redémarrage par l'investissement, de retrouver un mécanisme liant les salaires aux gains de productivité.

Dans ces conditions le pronostic devient celui d'une stabilisation entre 5 % et 10 % en dessous du niveau de production atteint précédemment, puis d'une croissance à peu près nulle ou extrêmement lente pour les trois ou quatre prochaines années.

Cela veut dire mise à mal de la cohésion sociale, fragilité des gouvernements, montée du populisme. Si le détonateur financier - puisqu'on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre - réexplose dans peu d'années, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées.

Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m'en cacher. En trente ans, c'est une révolution intracapitaliste qui s'est faite, et pour le pire. Le motif de ce changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c'est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l'extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l'immoralité à l'œuvre dans les subprimes et les titrisations de créances douteuses.

Dans l'économie réelle, c'est le durcissement de la pression actionnariale, quasi absente jusqu'en 1980, ensuite organisée par les fonds de pension, d'investissement ou d'arbitrage, puis renforcée par la prise de pouvoir ou la constitution de minorités de blocage par tous ces fonds dans toutes les entreprises contemporaines ou presque. On veut du gain en capital, quitte à broyer les logiques d'entreprise. Chacun se souvient de la folle référence aux 15 % de rendement financier exigés un temps par les fonds.

Le diagnostic est limpide : les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l'espoir d'arriver à l'aisance par le travail au profit de l'espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune. Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système.

 

La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché.

Michel Rocard est ancien premier ministre (1988-1991).

Par nouvelle gauche 91
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 07 2009 11:26
Et c'est toujours d'actualité:

Par nouvelle gauche 91
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 07 2009 19:44

Dans un article de la tribune  (voir ci dessous) en date du 6 mai de cette année, l'ancien PDG d'Air France, Bernard Attali,dont la gestion fut d'ailleurs fort contestée, prenait parti pour son employeur, Texas Pacific Group, en défendant les "private equity" : "Soyons sérieux : les fonds de "private equity" ne sont pas une partie du problème mais peuvent être au contraire une partie de la solution. Comme l'a souligné le rapport Larosière, ils ne font courir aucun risque systémique (critère fixé par le G20 pour tout renforcement de la régulation)."
Manifestement dans la finance, on analyse pas les boites noires après un crash, et que dire de TPG qui en France est responsable de la chute de Gemplus et de l'annonce d'un "plan de départ volontaire" de 550 ETP soit un quart de l'effectif chez TDF, entreprise stratégique pour la France, leader dans le domaine de la diffusion analogique et numérique (TNT) au service de l’audiovisuel, de la téléphonie mobile, des télécommunications terrestres et satellites. Encore bravo pour cette splendide lucidité, après le crash d'Air France, Bernard Attali persévère.
Qui saura interdire de vol (à tous les sens du terme)  ces "private equity" avant le prochain crash ? Comme le disait relativement récemment (janvier 2008) Jacques Attali, qui a l'air mieux inspiré que son frère, dans l'express, on est confronté à:

"Un système financier mondial en faillite. Outre les subprimes, bien d’autres dettes circulent, et nul ne sait comment les banques les honoreront : celles de hedge funds, des sociétés de rehaussement de crédit, des fonds de LBO et des détenteurs de cartes de crédit forment une pyramide au montant très supérieur à celui des fonds propres des banques, qui seraient depuis longtemps fermées si les banques centrales ne les finançaient à guichets ouverts."


L'article de la tribune:
Régulation ou bureaucratie : Bruxelles doit choisir !

La Tribune.fr - 06/05/2009

Par Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien président d'Air France, "senior advisor" de TPG Capital.

Il est clair que la crise exige une remise à plat des mécanismes de régulation du monde financier. Certes, le G20 aurait été mieux inspiré en mettant la relance économique et l'avenir du système monétaire international au centre de ses réflexions plutôt que de laisser le débat s'éterniser sur une future régulation qui mériterait de toute façon d'être longuement pesée.

Mais personne ne peut nier que les règles du jeu doivent être revues dans de nombreux domaines (agences de notation, pratiques bancaires, "hegde funds", normes comptables, etc.). Encore faut-il le faire avec discernement et, comme disait Montesquieu parlant des lois, n'y toucher que d'une main tremblante. A défaut, non seulement l'incendie de forêt continuera ses ravages, mais on empêchera aussi tout arbre de repousser.

S'il fallait un exemple à ne pas suivre, le dernier projet de directive de la Commission sur les gérants de fonds d'investissement alternatifs en est un. En recouvrant d'un vocable vague et uniforme des acteurs aussi différents que les gestionnaires d'actifs, les "hedge funds", les acteurs du "private equity" et les investisseurs en capital-risque, les auteurs du texte en débat semblent hésiter entre bureaucratie et régulation. Un comble de la part d'experts naguère si attachés au dogme libéral.

On n'entrera pas ici dans le détail du projet, mais sa lecture montre une inquiétante méconnaissance des réalités du marché. Exiger des règles de publicité exhaustives et identiques à certaines entreprises (uniquement parce qu'elles sont la propriété de tel ou tel type de fonds) tout en exonérant de ces obligations le reste du tissu économique, c'est faire fi des principes de base d'une concurrence normale. Imposer des exigences de capital minimum aux fonds de "private equity" disposant de liquidités d'origine européennes alors que les "family offices" ou les fonds souverains en seraient exonérés, c'est pénaliser sans raison toute une industrie qui n'a eu en fait aucune responsabilité dans la crise actuelle.

Quelle logique y a-t-il d'ailleurs à demander de telles garanties à un apporteur de capital en fonds propre ? Pis : comme les règles envisagées ne seraient pas applicables aux fonds qui n'auraient pas d'investisseurs européens à leur tour de table, on inviterait ces acteurs à se localiser à Zurich, Genève ou... Dubaï, et on pénalisera le recyclage des liquidités européennes... en Europe ! Au moment même où les Etats-Unis, via le plan Geithner de rachat des actifs toxiques, s'appuient sur ces fonds pour assainir les bilans des banques américaines. Une fois encore, les règles du jeu seront différentes de part et d'autre de l'Atlantique et pas à l'avantage de l'Europe !

De plus, les auteurs du projet de directive n'ont pas fait de détail : le texte est en effet applicable indistinctement à plusieurs centaines de fonds et à plusieurs milliers d'entreprises de nature très différente les unes des autres !

Soyons sérieux : les fonds de "private equity" ne sont pas une partie du problème mais peuvent être au contraire une partie de la solution. Comme l'a souligné le rapport Larosière, ils ne font courir aucun risque systémique (critère fixé par le G20 pour tout renforcement de la régulation). Au moment où le système bancaire a drastiquement réduit son rôle de fournisseur de liquidités, au moment où toute nouvelle émission en Bourse est quasiment impossible, ce sont au contraire les fonds de private equity qui peuvent aider à relancer la machine, notamment grâce au soutien d'entreprises en difficulté.

Lorsque nous avons dû, dans les années 1980, reconvertir à marche forcée le tissu industriel du Nord et de la Lorraine, le patron de la Datar que j'étais alors aurait bien aimé disposer de tels interlocuteurs professionnels. Les désigner maintenant comme boucs émissaires et les paralyser par un excès de zèle réglementaire ne correspond en fait à aucune priorité rationnelle.

Il faudrait que la Commission tire une leçon plus générale de cette affaire mal engagée : toute révision du système de régulation n'aboutira que s'il est le fruit d'un dialogue constructif entre les experts de Bruxelles et les acteurs professionnels concernés. Ce dialogue semble avoir été pour le moins insuffisant dans le cas d'espèce.

En bref, il a fallu beaucoup d'erreurs pour aboutir à la crise actuelle. Il serait navrant que les tentatives de remède en déclenchent de nouvelles. En matière financière aussi, l'enfer est pavé de bonnes intentions...

Bernard Attali

Par nouvelle gauche 91
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