Vendredi 16 avril 5 16 /04 /Avr 09:01

Un problème qui nuit considérablement à l’emploi et aux salaires est lié à la gouvernance et au financement des entreprises.

La recherche par les actionnaires, notamment dans le cadre de LBO, mais pas seulement, d’une rentabilité excessive des entreprises dans une vision court terme conduit au démantèlement de fleurons industriels, de pertes de savoir faire et d’emplois. Ces montages sont favorisés fiscalement, ce qui est un scandale, les holdings sont dans des paradis fiscaux, et on constate de manière générale que les grandes entreprises payent proportionnellement beaucoup moins d’impôts que les PME avec divers systèmes d’évasion fiscale.

 De la même façon des délocalisations intra européennes d’entreprises rentables pour gagner un peu de marge détruisent l’emploi et le tissu industriel.

Ceci n’est possible que parce que la gouvernance des entreprises est aux mains des actionnaires, qui ont renforcé significativement leur pourvoir par le jeu des stocks options distribuées aux cadres dirigeants, qui dés lors ont le même intérêt court-termiste que les actionnaires. Il faut donner un vrai pouvoir aux salariés dans les conseils d’administration, au moins à égalité avec les actionnaires, une entreprise n’est pas un bien comme un autre et un contrôle démocratique doit s’y exercer de manière responsable. Il sera nécessaire de définir de telles formes d’autogestion (pourquoi pas des dirigeants élus sur proposition du CA), mais c’est une des clefs pour débloquer les salaires et l’emploi.

Bien entendu il faut développer l’actionnariat salarié mais avec des perspectives de développement de l’entreprise sur le long terme. Il est tout de même paradoxal de considérer que la démocratie et la liberté sont les modèles souhaités et dominants et d’accepter que dans les entreprises les décisions soient prise par de petites équipes auto désignées dans les conseils d’administration et imposées de manière brutale aux salariés qui doivent subir des méthodes de management de plus en plus déshumanisantes. Il faut sortir de ces pratiques moyenâgeuses, trouver la voie de l’intelligence collective et de retrouver l’esprit d’entreprise.

Les investisseurs comme les salariés trouveraient leur compte dans une telle organisation, les investisseurs car avec un personnel motivé, ils auraient sur le long terme de très bons retour sur investissement. Les salariés pourraient s’investir et s’épanouir dans leur travail sans subir des logiques productivistes absurdes. Une telle organisation neutraliserait la « capture actionnariale» et permettra progressivement, enfin, une redistribution en emplois et salaires.

Cette redistribution favoriserait de manière vertueuse le comblement des déficits sociaux, notamment retraites et sécurité sociale.

 

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Par nouvelle gauche 91
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Samedi 30 janvier 6 30 /01 /Jan 09:30
1980, c'est à dire il y a presque 30 ans c'était le règne de l'ultralibéralisme lancé par Reagan et Thatcher. Pour se rendre compte de la bêtise de cette pensée anti sociale, je vous recommande la lecture d'un des dévots de cette pensée, c'est édifiant:

http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=168&Itemid=40

 

L'absence de contrepoids social et la ringardisation organisée des syndicats a permis que depuis lors, sous la pression du chômage, la part des salaires dans le PIB ne cesse de diminuer au profit d'un actionariat de plus en plus rapace. L'objet de ce capitalisme  n'est pas l'enrichissement de tous mais l'enrichissement rapide d'un petit groupe de privilégiés, au détriment de toute la société, de l'environnement, du développement des entreprises.  Magiquement ce capitalisme harmoniserait les ressources,  alors que son seul objectif est une profitabilité court termiste à deux chiffres à coup de manipulations financières et d'évasion fiscale dont la partie émergée sont les subrimes pour les particuliers,  les LBO  pour les entreprises, et puis tous les jouets que les financiers continuent en l'absence de régulation d'inventer pour manipuler par exemple le cours des matière premières voir par exemple l'article du monde de Frédéric Lemaître en date du vendredi 29 Mai "la prochaine crise économique a déjà commencé".

"Plus discrets qu'hier mais aussi déterminés, les opérateurs poursuivent leurs pratiques opaques. Exemple : il ne se passe pas un mois sans qu'une banque ou une Bourse crée une "plate-forme alternative", une Bourse d'un nouveau genre dont le principe est de travailler à l'abri des regards. Le nom anglais est plus explicite : les Anglo-Saxons parlent de "dark pools". Tout est dit. Vous avez aimé les subprimes, les Credit Default Swaps et autres produits titrisés dans lesquels, à votre insu, votre banquier avait placé une partie de vos économies ? Demain, vous adorerez Xetra Midpoint, Smartpool, Chi-X-Delta et NeuroDark."

Nicolas Sarkozy et ses lieutenants sont des ayatollahs de ce système dont l'idéologie a plus de 30 ans, Rappelons juste que Nicolas Sarkozy voulait introduire les crédits hypothécaires en France et que sa politique est de détricoter notre bouclier social, nous en avons eu une superbe démonstration récemment avec la proposition inepte de Frédéric Lefevre de travailler pendant un arrêt  maladie. Mais pour bien comprendre, Frédéric Lefevre s'affiche dans Wikipedia comme chef d'entreprise, ou plus précisément :

« Il créé en 1996, avec notamment Steven Zunz et Stéphan Denoyés, anciens assistants parlementaires de Christian Estrosi, Perroquet institutionnel communication (Pic conseil), cabinet parisien de communication institutionnelle et de lobbying[5], une société de lobbying liée entre autres aux industries du tabac, de l'alcool et des casinos. »

 

Voilà donc l'activité à laquelle cet élu de la république se livre à titre privé, dans l'intérêt du citoyen bien entendu...

 

Bref ce perroquet qui ne sait manifestement pas ce qu'est une entreprise

et ânonne les thèses de la secte ultra libérale des proches de Sarkozy et Minc.

Il est le plus parfait exemple du décalage qui existe aujourd'hui entre la nécessité absolue de réformer le système dans un sens social et environnemental et la politique absurde de cette équipe de bras cassés qui n'ont pour objectif que de servir non pas les français mais leurs intérêts.

 

Alors il est clair que L'Europe est un utile moyen d'échapper à cette confiscation de l'avenir dans laquelle nous entraîne la secte ultra libérale de Baroso et Sarkozy, dont les seules idées sont celles de Reagan et Thatcher il y a 30 ans. Leurs idées sont tellement indéfendables qu'ils en viennent de plus en plus souvent à bafouer la démocratie pour les imposer. Abus des gardes à vue, rétentions abusives, instrumentalisation de la justice au service du pouvoir, intimidation des journalistes par la méthode policière ou financière, mainmise sur les médias publics et privés, etc.

 

Voter dimanche 7 juin prochain pour les listes conduites par le parti socialiste, c'est voter pour une démocratie sociale en Europe, mais c'est aussi indispensable pour censurer cette droite cynique et abjecte qui méprise les citoyens et leurs droits à une vie digne.

Par nouvelle gauche 91
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Dimanche 18 octobre 7 18 /10 /Oct 23:47
Sur Engrenages, un blog du monde

LogoC’est un communiqué posté en avril sur ce blog, en commentaire d’une ancienne note sur Rexel : les syndicats du numéro un mondial de la distribution électrique y attribuent les pressions et suppressions d’emplois au fait qu’ils ont été rachetés en 2006 en LBO (Leverage Buy Out). Cette technique financière dite à “effet de levier” permet à des fonds d’investissement de reprendre une entreprise en empruntant jusqu’à 80 % de la somme nécessaire, laquelle sera remboursée par… les futurs profits de l’entreprise. Or la crise menace les gains, et les fonds d’investissements ne patientent pas forcément…

“C’est normal qu’une entreprise veule faire du profit. Mais à Rexel, on sent qu’il n’y a plus que ça qui compte, et les lienciements annoncés ne se justifiaient pas”, estime Agnès Rouissi, déléguée CFDT. L’entreprise a en effet lancé dès juillet 2008 un plan social en France ; annulé pour une erreur de procédure, il a été remplacé en décembre par un second, concernant deux fois plus de salariés (environ 440). Et ce, l’année où le bénéfice net de Rexel augmentait de 61%… Finalement, le plan devrait se conclure par 260 licenciements, “notamment parce qu’on a montré que la direction avait surestimé le nombre d’agences en-deça du seuil de rentabilité fixé, en basant ses calculs sur des effectifs supérieurs à la réalité”, explique Agnès Rouissi.

LES NOUVEAUX SUBRIMES ?

photo_1240480074126-5-0.1241077490.jpgLe cas Rexel n’est pas isolé. Racheté en 2006 en LBO, le fabricant de semi-conducteurs Freescale a annoncé en avril la fermeture d’ici 2011 de son site toulousain, dont certains des 800 salariés avaient témoigné pour ce blog, alors qu’il se porte plutôt bien, dénonce la CGT. Objet d’un LBO du fond américain Carlyle, le fabricant de doudounes Moncler, qui ne souffre pas du tout de la crise, a annoncé lundi la fermeture de son site en Isère (50 salariés). Au total, un million de personnes en France travaillent dans des entreprises rachetées en LBO, souligne Libération, et leurs difficultés pèsent sur les banques qui ont consenti les prêts pour leur rachat, pointe Le Monde.

Les LBO présentent-ils autant de risque que les subprimes à l’origine de la crise financière de l’an dernier ? L’expert cité par Le Monde n’y croit pas. L’AFIC, association qui regroupe les acteurs du capital investissement, met en avant déontologie et bonnes pratiques, mais le Collectif LBO, auquel ont adhéré les syndicats de Rexel, dénonce dans une vidéo cette future “bombe”. Le collectif a manifesté mercredi devant la “cantoche des Madoff en herbe” (les membres de l’AFIC), à Paris.

Claire Ané


On pourra lire aussi ce qui se passe chez TDF, c'est ici

Par nouvelle gauche 91
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Dimanche 19 juillet 7 19 /07 /Juil 21:24

De Jacques Juliard, le nouvel observateur

C'est tout de même un formidable paradoxe. Tandis que les socialistes sont en recul un peu partout en Europe et à travers le monde, l'idée sociale-démocrate, elle, ne cesse de progresser et de faire des conversions. Parmi les dernières, excusez du peu : Sarkozy, Obama, Benoît XVI ! Je parle ici des discours, car pour les actes c'est souvent une autre affaire.

Sarkozy a eu ce culot : une fois la crise survenue, mettre tranquillement dans sa poche tous les thèmes sur lesquels il s'est fait élire, libéralisme, dérégulation, modèle américain et j'en passe. Dans la poche, et le mouchoir par-dessus ! A la place, tout ce qui naguère provoquait son ironie ou sa fureur : la dénonciation de l'immoralité profonde d'un capitalisme financier prédateur, le rôle régulateur de l'Etat, l'excellence du modèle social français... On reste abasourdi devant ce toupet phénoménal. Et dire que tous ses admirateurs, qui n'ont cessé de nous vanter naguère sa cohérence, sa «préparation», ses plans, opposés à l'improvisation permanente de Ségolène Royal... Avec ça, on gagne les européennes, même si l'avenir (les régionales) se présente sous un jour moins rose. Avec la com, qui lui tient lieu de politique, on peut tout dire, à condition de le dire au bon moment et d'y mettre le ton. Patience, dit Panurge.

Avec Obama, c'est une tout autre histoire. En prenant dans presque tous les domaines le contre-pied de George Bush, le nouveau président avait ville conquise. Qu'il s'agisse de politique étrangère, d'économie, d'écologie, de prévoyance sociale, il s'installait non en terrain social-démocrate - cela n'existe pas là-bas - mais sur les terres du New Deal de Roosevelt, quitte à l'adapter aux temps nouveaux. Ce qui compte, c'est le retour de l'Etat. La philosophie sociale de Bush était le laissez-faire et l'accentuation des inégalités, celle de Barack Obama est l'interventionnisme et la régulation. Voilà qui change tout, à commencer par l'image des Etats-Unis dans le monde. A condition d'obtenir des résultats...

 

Et le pape ? Eh bien, Benoît XVI aussi ! Si l'on excepte les questions de sexualité - toujours la dent cariée de l'Eglise catholique -, mais aussi parfois, en matière de bioéthique, un humanisme lucide, le pontife ro main vient de publier, plus de quarante ans après «Populorum progressio» de Paul VI, une encyclique de tonalité résolument sociale-démocrate, «Caritas in veritate», critiquant les aberrations du profit, les disparités criantes entre riches et pauvres, la tyrannie du marché, le despotisme de la technique, et préconisant le désarmement intégral grâce à la création d'une autorité politique mondiale. Pas moins ! A dire vrai, pour en arriver là, Benoît XVI avait moins de chemin à faire que Nicolas Sarkozy; il lui suffisait de se mettre dans les pas de Léon XIII et de son encyclique «Rerum no- varum» (1891) qui, déjà, critiquait les excès du profit et préconisait le primat du social sur la logique économique proprement dite.

Alors, amis sociaux-démocrates, ne faites donc pas cette tête d'enterrement : vous avez gagné ! Il n'est pas vrai que l'économie de marché soit autorégulatrice, comme on nous l'a seriné pendant des années ! Il n'est pas vrai qu'elle soit capable de prévenir les crises - même si, l'expérience aidant, les gouvernements ont paré au plus pressé en faisant payer par les contribuables les erreurs des banquiers, et leur monstrueuse gloutonnerie. Il n'est pas vrai que la cupidité soit un moteur de croissance («greed is good», tel était l'axiome des maîtres de Wall Street) : elle est devenue au contraire un véritable facteur d'improduction; l'une des données structurelles de la crise.

 

Face à la course vertigineuse vers une crise de bien plus grande ampleur que l'actuelle, les socialistes doivent revenir à leurs sources. Ils doivent montrer aux peuples abrutis par des décennies de bourrage de crâne libéral vers quoi on les entraîne. Foin des discours sociaux-démocrates passe-par-tout ! L'objectif d'une politique sociale-démocrate véritable, c'est désormais la mise hors d'état de nuire d'une classe économique et financière qui a failli, mais qui en demande encore. On ne saurait faire du seul Daniel Bouton le bouc émissaire, pour solde de tout compte, d'une classe dirigeante corrompue et incompétente. Il serait scandaleux et aberrant que celle-ci sorte indemne de la crise qu'elle a provoquée. Pour redonner allant et véracité aux idées sociales-démocrates, les socialistes ont donc besoin d'hommes neufs, libres de toute compromission avec la banque et l'affairisme. Je le répète : ce ne sont pas les idées sociales-démocrates qui sont devenues obsolètes, ce sont les hommes qui les portaient qui se sont embourgeoisés. Oui à la social-démocratie au carrefour du monde du travail et de l'intelligence. Non à la social-démocratie comme ligne de repli de la bourgeoisie d'affaires.

Quand les hommes politiques appartenant à des classes sociales différentes professent des idées politiques différentes, on voit toute la grandeur de la politique. Mais quand les hommes politiques appartenant à la même classe, fréquentant les mêmes milieux, menant la même vie, partageant les mêmes vacances, les mêmes femmes, les mêmes placements bancaires feignent contre toute évidence et sans conviction de professer des idées politiques différentes, on aperçoit toute la misère de la politique, tout son mensonge.

C'est de cette consanguinité, à tout le moins de ce concubinage de beaucoup de ses chefs avec les milieux d'affaires, que la social-démocratie est en train de périr à petit feu, et «l'ouverture» de Sarkozy, qui révèle au grand jour cette parenté, ne fait que souligner l'incapacité à incarner une solution alternative crédible de celle-ci. Si la social-démocratie n'est plus qu'une sous-marque à coloration «sociale» d'un système financier fondé sur le brigandage, ne nous étonnons pas de voir les peuples se détourner d'elle. Nous avons besoin d'une social-démocratie de combat, non de connivence et de compromission avec l'adversaire.

 

 

 

Jacques Julliard

Le Nouvel Observateur

Par nouvelle gauche 91
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Dimanche 19 juillet 7 19 /07 /Juil 21:19

Dans le monde du 6 juillet 2009, cette fine analyse de Michel Rocard:

En sortir n'est pas facile. Relancer exclusivement la consommation n'a guère de sens : on importerait davantage, notamment de Chine et d'Inde. C'est par l'investissement que le cycle vertueux doit être réamorcé, et surtout par l'investissement dans les énergies renouvelables, les techniques et produits bio. C'est ce démarrage qui pourra ensuite entraîner pouvoir d'achat et consommation vers la hausse.

Or l'investissement dans l'industrie, les services, et même l'agriculture et l'agroalimentaire, est gravement entravé pour deux raisons. Primo, toutes les entreprises importantes du monde développé ont vu en un ou deux ans leurs actifs financiers au bilan perdre une bonne moitié de leur valeur; le resserrement des fonds propres aux bilans étrangle évidemment les possibilités d'investissement. Secundo, le redressement relatif et précaire du monde bancaire s'accompagne tout aussi évidemment d'un resserrement draconien des conditions de crédit. On s'oblige à ne prêter qu'avec plus de prudence.

IL Y A DU SOUCI À SE FAIRE

Une "reprise économique" n'est donc guère probable à court-moyen terme. Les facteurs en sont absents. La sortie de crise suppose, après le redémarrage par l'investissement, de retrouver un mécanisme liant les salaires aux gains de productivité.

Dans ces conditions le pronostic devient celui d'une stabilisation entre 5 % et 10 % en dessous du niveau de production atteint précédemment, puis d'une croissance à peu près nulle ou extrêmement lente pour les trois ou quatre prochaines années.

Cela veut dire mise à mal de la cohésion sociale, fragilité des gouvernements, montée du populisme. Si le détonateur financier - puisqu'on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre - réexplose dans peu d'années, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées.

Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m'en cacher. En trente ans, c'est une révolution intracapitaliste qui s'est faite, et pour le pire. Le motif de ce changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c'est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l'extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l'immoralité à l'œuvre dans les subprimes et les titrisations de créances douteuses.

Dans l'économie réelle, c'est le durcissement de la pression actionnariale, quasi absente jusqu'en 1980, ensuite organisée par les fonds de pension, d'investissement ou d'arbitrage, puis renforcée par la prise de pouvoir ou la constitution de minorités de blocage par tous ces fonds dans toutes les entreprises contemporaines ou presque. On veut du gain en capital, quitte à broyer les logiques d'entreprise. Chacun se souvient de la folle référence aux 15 % de rendement financier exigés un temps par les fonds.

Le diagnostic est limpide : les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l'espoir d'arriver à l'aisance par le travail au profit de l'espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune. Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système.

 

La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché.

Michel Rocard est ancien premier ministre (1988-1991).

Par nouvelle gauche 91
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